ACTIVITES > Secrétariat Permanent du Code Rural > Adoption de la déclaration de N’Djamena sur la contribution de l’élevage pastoral à la sécurité et au développement des espaces saharo-sahéliens

Après les sécheresses des années 70 et 80, les pays du Sahel sont aujourd’hui confrontés à une autre crise qui déstabilise les populations et le développement économique de la zone. Il s’agit de l’insécurité qui sévit dans les régions nord des pays sahéliens. La promotion de l’élevage, qui est la principale activité économique des populations de la zone, peut-elle constituer une des solutions au problème d’insécurité du Sahel ?

Pour répondre à cette question, le Ministère du Développement Pastoral et des Productions Animales du Tchad, en partenariat avec l’Agence Française de Développement, le Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest et avec l’appui de nombreux partenaires comme l’Union Européenne, le FIDA, la DDC et l’UICN ont organisé du 27 au 29 mai 2013 à N’Djamena, un colloque sous régional sur l’élevage pastoral et la sécurité des espaces saharo-sahéliens.

A l’issue du colloque a été adoptée la déclaration de N’Djaména qui incite les pays de la sous-région à relancer ou à renforcer leurs réflexions internes sur le développement durable des espaces pastoraux, mais aussi à améliorer l’efficacité des politiques publiques pour un développement harmonieux et une sécurité durable dans les espaces sahélo-sahariens. 

Le Niger a été représenté à ce colloque par une forte délégation composée des cadres du Ministère de l’Elevage, du Secrétariat Permanent du Code Rural, de l’Initiative 3N, des organisations des pasteurs et des partenaires techniques et financiers du Niger. La délégation avait à sa tête le Ministre de l’Elevage, Monsieur Mahamane Elhadji Ousmane.

Les principaux thèmes développés au cours du colloque sont :

  • Gouvernance et sécurité : les participants à l’atelier ont réfléchi sur la contribution de l’élevage pastoral à la construction et au renforcement de la sécurité et du développement dans les espaces sahélo-sahariens. Différentes leçons de la mise en œuvre de la politique publique ont été tirées par les participants et des orientations ont été données pour une meilleure sécurisation et un développement durable des espaces sahélo-sahariens. On note principalement l’absence de l’Etat dans ces zones où les populations sont laissées à elles-mêmes, avec tous les risques que cela suppose notamment l’intégration des jeunes dans des organisations terroristes, ou dans des trafics de stupéfiants… 

 

  • Résilience des sociétés pastorales : les participants ont échangé sur la résilience des sociétés pastorales pour prévenir l’insécurité des espaces saharo-sahéliens. Ici aussi une analyse critique a été faite par les participants sur la contribution de l’Etat à l’amélioration des capacités de résilience des sociétés pastorales et des propositions d’amélioration ont été faites pour renforcer cette contribution. Là aussi, le constat est amer. En effet, les politiques en matière de renforcement des capacités des populations du Sahel, n’ont pas beaucoup concernées ces zones septentrionales sous prétextes qu’elles ne sont pas accessibles du fait de l’insécurité et de l’absence d’infrastructures de communication et de transport.
  • Viabilité économique et sociale : les participants au colloque ont réfléchi sur la contribution économique de l’élevage au développement des éleveurs, des collectivités et des Etats. L’élevage mobile contribue énormément au développent de l’économie locale à travers les différentes taxes que perçoivent les communes, mais aussi la réaffectation des revenus des éleveurs au profit d’achats de produits fondamentaux du ménage comme les denrées alimentaires et d’autres produits de premières nécessités. Les participants ont pensé qu’il est important qu’il bénéficie d’un appui conséquent afin de renforcer sa contribution à l’économie des Communes et du pays de façon général.

A l’issue du colloque de N’Djaména, les différents Ministres présents au colloque ont adopté une déclaration dénommée « déclaration de N’Djaména ». Cette déclaration a été lue par le Ministre de l’Elevage du Niger Monsieur Mahamane Elhadji Ousmane.

La déclaration invite les Etats de la sous-région et les partenaires techniques et financiers à placer l’élevage pastoral au cœur des stratégies de stabilisation et de développement à court, moyen et long terme des espaces saharo-sahéliens, mais aussi à définir et mettre en œuvre des politiques volontaristes et cohérentes d’amélioration de la gouvernance, de renforcement de la résilience et d’amélioration de la viabilité économique et sociale des systèmes d’activités des espaces saharo-sahéliens.

     
 
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Questions

Oui, il est tout à fait possible d’utiliser une telle méthode, en élaborant une convention locale entre les différents acteurs utilisateurs de la ressource. Malgré tout, il convient d’être très prudent dans une telle situation, afin de ne pas modifier ou altérer la vocation principale de pâturage de cette aire et de ne recourir qu’exceptionnellement à cette méthode.

 

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